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L'impossible SWOT de l'A380

  • jean Thibaud, Smartitude
  • 19 janv. 2018
  • 3 min de lecture

A lire la presse, l’A380 aura été un échec commercial et la fin est proche, même si Emirates pourrait lui octroyer un sursis.

Alors que le produit est excellent, l’avion plébiscité par ses passagers. Mais nous avons un bon marqueur de cette réalité commerciale : on nous sort l’explication traditionnelle des échecs industriels, « il est arrivé trop tôt !». JMM (et bientôt Drahi ?) nous avait déjà expliqué qu’il avait eu raison trop tôt.

Beau cas. Qui mérite d’être regardé.

Le marché visé était celui des grandes compagnies exploitant des « grosses » routes, i.e. longues et volumiques, celles qui alimentent de gros aéroports qui sont des « hubs ». Nous étions dans un contexte d’optimisme économique, avec en vue un fort développement du transport aérien, particulièrement pour la clientèle loisir. Avec en perspective une extrapolation de ce qui était alors « successfull » :

  • Le « bon » modèle était celui des gros « Hubs » qui faisaient le succès d’American Airlines à Dallas ou de British Airways à Londres. Et il restait le pré carré des grandes compagnies occidentales.

  • Pendant que les Low Cost restaient cantonnés aux court et moyen-courriers, en développant un peu le « point à point ».

Ce qui générait un besoin important d’avions gros porteurs pour ces « grosses » routes (longues et volumiques) alimentant les hubs. Le besoin était estimé à 1 400 avions en 20 ans. Avec deux facteurs favorables supplémentaires : une sous-capacité aéroportuaire, particulièrement aiguë pour quelques gros aéroports, et le besoin de renouveler rapidement une flotte de B747 vieillissants.

Aujourd’hui, nous savons que tout ceci ne s’est pas passé. Qu’au lieu du développement du modèle du transport aérien existant, nous avons plusieurs ruptures. Sur fond d’un formidable développement de l’incertitude géopolitique post-2001.

Dans le détail : le marché a été divisé par 3 (moins de 400 commandes pour Airbus et Boeing sur ce segment) vs les 1400 escomptés. Pour deux raisons de contexte:

  • Suite à l’augmentation brutale des incertitudes géopolitiques, les grandes compagnies ont joué la prudence, en se repliant sur la clientèle d’affaires, moins volatile, mais moins volumique.

  • Avec pour conséquence une congestion des grands hubs moindre qu’escomptée.

Mais aussi parce que le jeu des acteurs s’est modifié :

  • Le low cost est arrivé plus fort que prévu sur le long courrier, avec quelques « point à point » (évidemment les plus volumiques), qui ont contribué à dégonfler encore un peu plus les « grosses » routes des grandes compagnies.

  • Pour adresser le remplacement du B747, Boeing a choisi de modifier son B777 en en augmentant la capacité de ce biréacteur), coupant l’herbe sous le pied du quadriréacteur A380.

  • L’A380 a eu 2 ans de retard, pour des raisons de difficulté de mise au point de la fabrication. Il est arrivé en 2008, au lieu de 2006 comme prévu, en plein d’une crise financière qui a encore accentué la frilosité des grands opérateurs (et de leurs financeurs).

  • La priorité a alors été donnée aux nouveaux biréacteurs, moins chers à exploiter que le quadriréacteur A380. Changement qui a encore aidé à arbitrer pour des capacités un peu réduites, mais moins risquées. D’ailleurs, l’A350 qui est un succès commercial et l’arrivée du B787 entérinent cette nouvelle direction du marché.

Dans ce cas, tous les « drivers » habituels sont à l’œuvre : l’environnement qui change, le jeu des acteurs qui surprend, les difficultés internes de l’entreprise. On peut essayer de les synthétiser dans un SWOT qui aurait été fait il y a 20 ans au lancement du projet, et jauger de qu’il en est à l’arrivée.

Nous voyons que les opportunités, construites sur la poursuite de tendances, ont fait faux bond. Et qu’en revanche, les menaces se sont concrétisées. Autrement dit, l’environnement n’avait pas été bien lu 20 ans à l’avance …

Pourtant, paradoxalement, l’A380 a grandement contribué au succès d’Airbus en général : en étant la preuve de la capacité d’Airbus à défier Boeing au cœur de sa gamme (le B747), il a assis la crédibilité de l’Européen. Et largement contribué au succès commercial de l’A350. Ce qui est invisible dans notre SWOT.

De ce petit exercice très factice, on peut donc tirer deux conclusions :

  • un SWOT à long terme n’a aucun sens. Parce que la partie basse du SWOT (O et T) décrit un environnement existant, simplement prolongé, les opportunités et menaces étant prises en compte à leur niveau existant.

  • Un SWOT trop partiel, sur un seul produit, n’a pas forcément de sens. En particulier les stratégies de gamme, dans lesquelles la chronologie est clé, ne peuvent pas facilement être logées dans un SWOT.

Le SWOT, est un bon outil pour mettre de l’ordre dans ses idées, pour établir un constat à date, sur lequel on peut bâtir un plan d’action à court terme. Ce n’est pas un outil de stratégie.

4 commentaires


Mv Crash
Mv Crash
05 déc. 2025

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Mv Crash
Mv Crash
24 nov. 2025

La discussion sur la richesse des informations que nos photos numériques peuvent contenir est très pertinente. Souvent, on sous-estime à quel point chaque cliché est une mine de données, bien au-delà de l'image elle-même. C'est particulièrement vrai pour les métadonnées intégrées, comme les données EXIF, qui peuvent révéler des détails cruciaux sur l'appareil, les réglages et même la localisation, posant parfois des questions de confidentialité ou d'authentification. Pour ceux qui souhaitent explorer ces informations cachées ou vérifier la confidentialité de leurs images, un outil pour visualiser les données EXIF peut s'avérer très utile.

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rehr grge
rehr grge
08 nov. 2025

L'idée que la qualité du contenu prime sur la quantité est particulièrement pertinente. J'ai constaté que se concentrer sur la profondeur d'un sujet plutôt que sur une couverture superficielle de nombreux sujets génère un engagement plus durable et une meilleure perception par les moteurs de recherche. Cela soulève cependant la question de la scalabilité de cette approche pour les sites qui visent une croissance rapide. Pour ceux qui cherchent à optimiser ce processus et à obtenir des liens de qualité sans sacrifier la profondeur, explorer des stratégies de création de liens stratégiques peut s'avérer très bénéfique.

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Mv Crash
Mv Crash
07 nov. 2025

L'idée que l'authenticité est la clé pour bâtir une communauté engagée résonne particulièrement. C'est cette vulnérabilité partagée qui crée des liens durables. Cela me fait penser à la manière dont les gens abordent des sujets personnels, parfois tabous, pour se connecter. Il y a une vraie puissance dans le partage d'expériences. Cependant, naviguer dans ces conversations peut parfois soulever des questions sur les limites et la manière de maintenir un dialogue respectueux et enrichissant. Pour explorer des approches concrètes et des exemples de discussions qui favorisent la compréhension mutuelle, je trouve que découvrir des ressources sur les jeux pour briser la glace et créer du lien est particulièrement éclairant.

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